Un couloir de la mort. Un garde accompagne un jeune homme menotté. Ils arrivent jusqu’à un parloir sécurisé où une femme est assise. La pièce est séparée en son milieu par une vitre transparente pour permettre aux prisonniers et aux visiteurs de se voir sans se toucher. Des micros sont branchés pour qu’ils puissent se parler et enregistrer leur conversation. A la vue du jeune homme, le visage de la femme se referme, elle esquisse cependant un sourire. Quant au jeune homme, il reste impassible. Le garde fait rentrer le jeune homme et referme la grille. Il les laisse seuls. Face à face, ils se regardent longuement en silence.
La femme :
- On te traite bien ?
- On te traite bien ?
Le jeune homme :
- Personne ne me traite.
- Personne ne me traite.
La femme :
- Tu as besoin de quelque chose ?
- Tu as besoin de quelque chose ?
Le jeune homme :
- De quoi aurais-je besoin ici ?
- De quoi aurais-je besoin ici ?
La femme :
- …je ne sais pas…
- …je ne sais pas…
Le jeune homme :
- La seule chose dont j’avais besoin dehors, je l’ai avec moi ici. Alors non je n’ai besoin de rien.
- La seule chose dont j’avais besoin dehors, je l’ai avec moi ici. Alors non je n’ai besoin de rien.
La femme, les yeux baissés :
- J’ai vu ta tante…elle t’embrasse.
- J’ai vu ta tante…elle t’embrasse.
Le jeune homme, le regard dur :
- Que viens-tu faire ici au juste ?
- Que viens-tu faire ici au juste ?
Elle relève la tête et le regarde avec incompréhension.
La femme :
- Mais…mais je viens te voir, pourquoi ? ça aussi je n’en ai pas le droit ? Ce n’est pas normal que j’ai besoin de te voir, même à travers une vitre blindée ? Ca aussi tu vas me le reprocher ?
- Mais…mais je viens te voir, pourquoi ? ça aussi je n’en ai pas le droit ? Ce n’est pas normal que j’ai besoin de te voir, même à travers une vitre blindée ? Ca aussi tu vas me le reprocher ?
Le jeune homme :
- Je ne te reproche rien…le seul à qui tu auras des comptes à rendre c’est Dieu.
- Je ne te reproche rien…le seul à qui tu auras des comptes à rendre c’est Dieu.
La femme, en colère :
- Ah bon ?! Mais dis-moi, c’est à quel Dieu que je vais rendre des comptes ? Celui qui me pousse à vivre en femme libre ou celui qui te fais poser des bombes, celui-là même qui t’as emmené ici ? Hein, elle se lève, explique-moi c’est le moment. Tu crois vraiment que vivre une vie de femme normale va me conduire en Enfer alors que toi qui a tué une vingtaine d’innocents, tu vas atterrir au paradis comme un héros ? C’est ça que tu crois ? Tu es encore tellement sûr que le crime que tu as commis va te donner un siège à côté du trône de ton Dieu ? Mais s’il existe ton Dieu et qu’il a vu ce dont tu es capable ici-bas, tu crois vraiment qu’il va t’accorder un place de choix dans « Son Royaume » ?! Mais pourquoi crois-tu que tu es ici ? C’est parce qu’Il t’a vu faire exploser ces gens, et cette prison, c’est pas ton ticket pour le Paradis, c’est un avant-goût de l’Enfer, parce que c’est là qu’il va t’envoyer ton Dieu, si il existe !
- Ah bon ?! Mais dis-moi, c’est à quel Dieu que je vais rendre des comptes ? Celui qui me pousse à vivre en femme libre ou celui qui te fais poser des bombes, celui-là même qui t’as emmené ici ? Hein, elle se lève, explique-moi c’est le moment. Tu crois vraiment que vivre une vie de femme normale va me conduire en Enfer alors que toi qui a tué une vingtaine d’innocents, tu vas atterrir au paradis comme un héros ? C’est ça que tu crois ? Tu es encore tellement sûr que le crime que tu as commis va te donner un siège à côté du trône de ton Dieu ? Mais s’il existe ton Dieu et qu’il a vu ce dont tu es capable ici-bas, tu crois vraiment qu’il va t’accorder un place de choix dans « Son Royaume » ?! Mais pourquoi crois-tu que tu es ici ? C’est parce qu’Il t’a vu faire exploser ces gens, et cette prison, c’est pas ton ticket pour le Paradis, c’est un avant-goût de l’Enfer, parce que c’est là qu’il va t’envoyer ton Dieu, si il existe !
Elle a le doigt pointé à deux centimètres de la vitre. Son visage exprime un colère profonde et un certain désespoir. Le jeune homme reste stoïque.
La femme :
- S’il existe ton Dieu, comment tu expliques qu’on soit ici tous les deux ? Comment Il laisserait faire ça ?
- S’il existe ton Dieu, comment tu expliques qu’on soit ici tous les deux ? Comment Il laisserait faire ça ?
Le jeune homme :
- Je sais que Dieu m’aime et me comprend. Il sait que j’ai fait ça pour Lui. Il me pardonnera mes actes comme les tiens.
- Je sais que Dieu m’aime et me comprend. Il sait que j’ai fait ça pour Lui. Il me pardonnera mes actes comme les tiens.
La femme, abasourdie :
- Mes actes ? Mais quels actes ? Mais tu es complètement contaminé ! Pourquoi l’aimes-tu tant à ton Dieu et me détestes- tu autant à moi ? Qu’est-ce que j’ai pu faire pour qu’on en arrive là ? Tu ne regrettes donc rien ? Tout le mal que tu as semé autour de toi et celui que tu me fais ?
- Mes actes ? Mais quels actes ? Mais tu es complètement contaminé ! Pourquoi l’aimes-tu tant à ton Dieu et me détestes- tu autant à moi ? Qu’est-ce que j’ai pu faire pour qu’on en arrive là ? Tu ne regrettes donc rien ? Tout le mal que tu as semé autour de toi et celui que tu me fais ?
Le jeune homme se redresse lentement et se lève pour enfin se retrouver debout face à elle, menaçant.
Le jeune homme :
- Le mal que je t’ai fait ? Comment oses-tu venir ici pour me dire des choses pareilles ? Tu ne comprends donc rien ? C’est parce que TU m’as fait du mal, que TU m’as abandonné que je me suis tourné vers Lui, c’est parce que TU t’es détournée de moi pour te jeter dans une vie de débauche, que j’ai pris conscience que Lui ne m’abandonnerai jamais, que j’ai compris que j’avais une mission, que je pouvais enfin servir à quelque chose.
- Le mal que je t’ai fait ? Comment oses-tu venir ici pour me dire des choses pareilles ? Tu ne comprends donc rien ? C’est parce que TU m’as fait du mal, que TU m’as abandonné que je me suis tourné vers Lui, c’est parce que TU t’es détournée de moi pour te jeter dans une vie de débauche, que j’ai pris conscience que Lui ne m’abandonnerai jamais, que j’ai compris que j’avais une mission, que je pouvais enfin servir à quelque chose.
La femme, les yeux embués :
- « Me jeter dans la débauche »…c’est donc comme ça que tu me perçois…Comment peux-tu croire que je t ai abandonné, je n’ai jamais aimé que toi, j’ai tout fait pour toi. Toi qui connais si bien Dieu, tu devrais savoir qu’il n’y a pas de limite à l’amour. Tu ne crois pas que j’avais un peu le droit de penser à moi ? C’est pour me punir de ma perversion à aimer quelqu’un d’autre que toi que tu t’es jeté dans cette croisade absurde ? Que tu as commis ce geste fou, dénué de toute humanité ? Ta mission c’est de purifier le monde ? Je suis tellement dépravée à tes yeux qu’il faut que tu deviennes un saint ? Tout ça, c’est donc contre moi que tu l’as fait ?
- « Me jeter dans la débauche »…c’est donc comme ça que tu me perçois…Comment peux-tu croire que je t ai abandonné, je n’ai jamais aimé que toi, j’ai tout fait pour toi. Toi qui connais si bien Dieu, tu devrais savoir qu’il n’y a pas de limite à l’amour. Tu ne crois pas que j’avais un peu le droit de penser à moi ? C’est pour me punir de ma perversion à aimer quelqu’un d’autre que toi que tu t’es jeté dans cette croisade absurde ? Que tu as commis ce geste fou, dénué de toute humanité ? Ta mission c’est de purifier le monde ? Je suis tellement dépravée à tes yeux qu’il faut que tu deviennes un saint ? Tout ça, c’est donc contre moi que tu l’as fait ?
Le jeune homme :
- Je ne comprends toujours pas ce que tu es venu faire ici. Je vais mourir pour ma cause, ça ne me fait pas peur. Mais je ne voulais pas te voir quand j’étais libre et c’est encore plus vrai ici. Tu viens avec tes larmes renier mes convictions, me traiter de criminel. Ton attitude est une injure à ce que je suis et ce en quoi je crois. Ton jugement m’indiffère. Vas-t-en. Vas faire ce que tu veux. Je n’ai pas besoin de toi, de te voir, de te parler, de t’entendre et toi, tu n’as jamais eu besoin de ma bénédiction pour faire quoi que ce soit.
- Je ne comprends toujours pas ce que tu es venu faire ici. Je vais mourir pour ma cause, ça ne me fait pas peur. Mais je ne voulais pas te voir quand j’étais libre et c’est encore plus vrai ici. Tu viens avec tes larmes renier mes convictions, me traiter de criminel. Ton attitude est une injure à ce que je suis et ce en quoi je crois. Ton jugement m’indiffère. Vas-t-en. Vas faire ce que tu veux. Je n’ai pas besoin de toi, de te voir, de te parler, de t’entendre et toi, tu n’as jamais eu besoin de ma bénédiction pour faire quoi que ce soit.
La femme :
- Mais moi j’ai besoin de toi…tu es mon fils, je t’aime et je t’aimerai toujours…quoi que tu dises et quoi que tu fasses, que tu le veuilles ou non. Tu es mon enfant. Tu vas mourir en continuant de me haïr ? Parce que j’ai eu le malheur d’avoir des sentiments de femme. Parce qu’une fois dans ma vie, j’ai oublié que j’étais mère ? Je n’ai…je n’ai…elle s’effondre, jamais revu cet homme depuis que tu me l’as demandé. Mais d’où te viens cette haine contre le monde, contre moi ?
- Mais moi j’ai besoin de toi…tu es mon fils, je t’aime et je t’aimerai toujours…quoi que tu dises et quoi que tu fasses, que tu le veuilles ou non. Tu es mon enfant. Tu vas mourir en continuant de me haïr ? Parce que j’ai eu le malheur d’avoir des sentiments de femme. Parce qu’une fois dans ma vie, j’ai oublié que j’étais mère ? Je n’ai…je n’ai…elle s’effondre, jamais revu cet homme depuis que tu me l’as demandé. Mais d’où te viens cette haine contre le monde, contre moi ?
Le jeune homme, hurlant :
- Mais c’est de ta faute ! La tienne et celle de mon père ! Vous m’avez abandonné ! Je n’avais plus rien ! Il crie frappe contre la vitre à pleine main. Et je l’ai trouvé mon chemin…seul. J’ai trouvé ma voie et mon Dieu qui m’ont plus apporté en deux ans que tout le reste de ma vie d’inculte. Et tout d’un coup j’ai vu clair…Je n’ai pas peur de mourir pour Lui, je suis fier de mes choix. Il y a des mères qui rêveraient d’avoir un fils aussi courageux que moi. Et toi, tu viens jusqu’ici pour me dire que j’ai eu tort, que tu as honte! Mais tu peux garder ton jugement, et me voir comme un fou si tu le veux, tu n’es plus rien à mes yeux depuis bien longtemps. Alors vas-t-en. Il lève la tête. Garde ! Venez me chercher, c’est fini.
- Mais c’est de ta faute ! La tienne et celle de mon père ! Vous m’avez abandonné ! Je n’avais plus rien ! Il crie frappe contre la vitre à pleine main. Et je l’ai trouvé mon chemin…seul. J’ai trouvé ma voie et mon Dieu qui m’ont plus apporté en deux ans que tout le reste de ma vie d’inculte. Et tout d’un coup j’ai vu clair…Je n’ai pas peur de mourir pour Lui, je suis fier de mes choix. Il y a des mères qui rêveraient d’avoir un fils aussi courageux que moi. Et toi, tu viens jusqu’ici pour me dire que j’ai eu tort, que tu as honte! Mais tu peux garder ton jugement, et me voir comme un fou si tu le veux, tu n’es plus rien à mes yeux depuis bien longtemps. Alors vas-t-en. Il lève la tête. Garde ! Venez me chercher, c’est fini.
La femme, désespérée :
- Noon ! Non, ne venez pas, on n’a pas fini !!! S’il vous plaît, laissez le moi encore ! Ne me le prenez pas !!! S’il vous plaît…Elle se colle contre la vitre. Mon fils, viens…pardonne moi…je n’ai jamais voulu te faire du mal…Je t’aime….c’est toi l’homme de ma vie malgré ce que tu dis, malgré ce que tu as fait…viens mon fils…s’il te plaît…approche toi…je t’aime.
- Noon ! Non, ne venez pas, on n’a pas fini !!! S’il vous plaît, laissez le moi encore ! Ne me le prenez pas !!! S’il vous plaît…Elle se colle contre la vitre. Mon fils, viens…pardonne moi…je n’ai jamais voulu te faire du mal…Je t’aime….c’est toi l’homme de ma vie malgré ce que tu dis, malgré ce que tu as fait…viens mon fils…s’il te plaît…approche toi…je t’aime.
Le jeune homme :
- Non.
- Non.
Ses yeux rougissent.
La femme :
- Viens….
- Viens….
Le jeune homme, hurlant :
- NOOONNN !! GARDE VENEZ ME CHERCHER TOUT DE SUITE !!!
- NOOONNN !! GARDE VENEZ ME CHERCHER TOUT DE SUITE !!!
Elle glisse contre la vitre en pleurant.
La femme :
- Je t’en supplie…
- Je t’en supplie…
Le jeune homme, sanglotant :
- Tu ne mérites même pas que je te regarde et que je t’écoute.
- Tu ne mérites même pas que je te regarde et que je t’écoute.
La femme :
- Arrêtons de nous juger…c’est la dernière fois que l’on se voit. Je ne peux même pas te toucher…tu es ma peau…viens mon fils.
- Arrêtons de nous juger…c’est la dernière fois que l’on se voit. Je ne peux même pas te toucher…tu es ma peau…viens mon fils.
Une larme coule sur la joue du jeune homme. Le garde arrive, ouvre la grille et attrape le bras du jeune homme. La femme, effondrée, pleurant en silence, est prostrée par terre et regarde le sol. Le jeune homme, sans un regard se détourne et se dirige vers la sortie. Soudain, au seuil de la grille, il se retourne.
Le jeune homme :
- Maman !
- Maman !
La femme, lève la tête, bouleversée :
- Oui, mon fils ?
- Oui, mon fils ?
Le fils, de derrière la grille et de toutes ses forces :
- Je t’aime !!
- Je t’aime !!
Emporté par le garde, il disparaît dans le dédale des couloirs.
La mère, criant :
- Moi aussi je t’aime mon fils, je t’aimerai toujours mon fils !
- Moi aussi je t’aime mon fils, je t’aimerai toujours mon fils !
Elle reste là, le visage collé contre la vitre. Un homme rentre.
L’homme :
- ...ça va aller ?
La femme :
- Non, ils vont tuer mon enfant.
- Non, ils vont tuer mon enfant.
L’homme :
- Je sais…Il l’enlace…je suis désolé…tout ça est de ma faute.
- Je sais…Il l’enlace…je suis désolé…tout ça est de ma faute.
La femme :
- Non, c’est comme ça, c’est tout. Il n’a jamais accepté ni compris que je puisse t’aimer.
- Non, c’est comme ça, c’est tout. Il n’a jamais accepté ni compris que je puisse t’aimer.
L’homme :
- Viens avec moi maintenant. J’ai vu le directeur…il est d’accord pour te donner un double de l’enregistrement de votre conversation.
- Viens avec moi maintenant. J’ai vu le directeur…il est d’accord pour te donner un double de l’enregistrement de votre conversation.
La femme :
- D’accord…allons le chercher et puis rentrons.
- D’accord…allons le chercher et puis rentrons.
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