Je suis malade. La célèbre et répandue maladie de ces vingt dernières années. Je suis maniaco-névrotico-dépressive. Vous dire pourquoi, j’en suis incapable. J’ai une famille qui m’aime, des amis avec qui je ris, un travail qui m’occupe la tête mais rien n’y fait. Il me manque quelque chose. Et ce quelque chose m’est tellement vital, qu’en étant absent, il m’empêche de vivre. Ce vide est si grand, que quand je me penche au dessus de ce gouffre pendant mes séances de psychothérapie, même ma psy en a le vertige.
On dit toujours que les problèmes remontent à l’enfance. C’est ce que ma psy me répète sans cesse d’ailleurs pour parer à son incapacité à me guérir de moi-même. Pourtant même si mes parents n’ont pas été parfaits (quels parents le sont ?), je n’ai pas grand-chose à leur reprocher. Je n’ai pas assisté à de violentes disputes, ma mère n’est pas une ivrogne, mon père ne nous battait pas et je n’ai pas été abusée sexuellement par tonton Henri. Alors l’enfance, je ne sais pas…
Je suis fatiguée. Tout le temps. Physiquement et mentalement. Ma psy me dit que c’est normal. Ma dépense d’énergie a être éternellement malheureuse use mes batteries. Je sais, ce n’est pas trop professionnel de sa part mais je suis l’échec de sa carrière. Et, après cinq ans de thérapie, on est plus vraiment des étrangères l’une pour l’autre. Ah…si au moins j’avais pu être quittée, au bout de quinze années de mariage, par un mari volage ou si mon fils devenait délinquant…là au moins je saurais pourquoi j’ai mal. Je pleurerai toute les larmes de mon corps, en criant « Mais pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? ». Les gens me regarderaient avec pitié, en se disant qu’ils n’aimeraient pas être à ma place. Mais je n’ai même pas ça pour m’aider à m’aimer un peu plus.
La vie n’est pas juste. Il y a des gens qui n’ont rien dans la vie, qui voient leurs enfants mourir de faim, ou de maladie ou qui ont toute leur vie détruite par des drames et ces gens-là, ils arrivent à être heureux. Prenons un exemple, l’Inde et son peuple. C’est un peuple bon et généreux, qui ne possède rien, et dont le peu qui lui reste peut être balayé par un Tsunami ou une violente Mousson. C’est un pays où règne la pauvreté, la famine, la maladie mais c’est un peuple heureux. Tous les gens qui y sont allés vous le diront. Ces gens ne sont que bonheur, gentillesse, sourire et paix. Et moi, dans ma petite villa avec piscine et satellite, je suis vide. Vide de tout. Pleine de rien.
Peut-être que c’est ça qui me manque. Un drame. Quelque chose d’horrible qui me donne tellement envie de mourir que je ne pourrai en vivre que davantage. Une bonne vieille maladie qui a un nom, une cause, un médicament. Quelque chose qui m’abatte bien pour que je me relève. Je suis infâme et infamante. Je m’excuse auprès de tous les gens vraiment malades qui liront ces lignes. Mais si vous saviez à quel point je vous envie !
Mon mari me dit que c’est une petite crise passagère. Une crise de la quarantaine qui dure de 37 à 42 ans. Je ne peux même pas lui en vouloir de ne pas mesurer ma torture quotidienne. A sa place, ça ferait longtemps que je me serais dit que je ne suis qu’une connasse de quadra, tellement implantée dans son époque capitaliste et égocentrique que je trouve normal de dépenser des fortunes chez un psy pour résoudre des problèmes qui n’existent pas mais qui me concernent.
Mon mari me dit que c’est une petite crise passagère. Une crise de la quarantaine qui dure de 37 à 42 ans. Je ne peux même pas lui en vouloir de ne pas mesurer ma torture quotidienne. A sa place, ça ferait longtemps que je me serais dit que je ne suis qu’une connasse de quadra, tellement implantée dans son époque capitaliste et égocentrique que je trouve normal de dépenser des fortunes chez un psy pour résoudre des problèmes qui n’existent pas mais qui me concernent.
Mais ça….j’ai pas trop envie de me l’entendre dire.
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