Il faut absolument que je parle ici d'une découverte télévisuelle que j'ai faite il y a quelques mois. Il en va de ma santé mentale et psychique. Car me taire sur ce petit bijou, sur même ces deux petits bijoux que sont "The Office" en version anglaise et en version U.S serait un grand manquement à mon honneur. Car qui connait un véritable moyen de se fendre la poire à coup sur et se le garde pour lui, cet homme là mon Dieu, doit devenir fou. Oui, Madame.
Je vous passe la génèse de cette série. Car si vous ne connaissez pas "The Office", celà ne vous interessera pas du tout. Par contre, une fois que vous aurez rencontré David Brent ou que vous aurez mis les pieds chez Dunder Mifflin, vous voudrez peut-être savoir que les deux responsables de cette bombe sont Ricky Gervais et Stephen Merchant.
Voici la cause de ma venue aujourd'hui:
"The Office" c'est l'histoire de la vie pépère, terne, pathétique et parfois pitoyable, rien que ça, d'une entreprise de papier anglaise, filmée caméra au poing par des journalistes de la BBC, pendant deux saisons. Et oui, c'est là que vient le génie de la réalisation, c'est que c'est filmé à la façon d'un documentaire. Grâce à des scénarios très bien ficelés mais sans être rocambolesques et des dialogues dans lesquels l'expression "humour anglais" prend tout son sens, nous suivons le quotidien de ces gens, tous tellement losers dans leur vies respectives. Et pourtant, on aime a croire qu'ils existent tous dans leur banlieue grise et fade.
Cette entreprise est dirigée par David Brent (Ricky Gervais), patron tantôt plouc, tantôt ringard mais toujours en quête d'être aimé. Rien ne lui fait peur en matière de tout. Sauf, peut-être le travail en lui-même.
Gareth, l'assistant dévoué de David, maigrichon bizarre est réserviste dans l'armée, connait toute les façons possible de tuer un homme a main nue. Il est fan de Bruce Lee. Tout un programme.
Tim, un commercial trentenaire qui subit sa vie et son travail. Il trouve un peu de réconfort dans sa journée en jouant des sales tours a Gareth, son voisin de bureau. Il est amoureux de Dawn, mais évidemment, elle est prise.
Et voilà Dawn, blondinette rondouillette qui est la standardiste du bureau. Elle est fiancée depuis trois longues années a un stérétype de gros blaireau anglais vulgaire et macho. Elle égaye ses journées en aidant Tim dans se guet-apens contre Gareth.
Il y a beaucoup de personnages secondaires dans cette série, tous ne sont pas "haut en couleur" mais bien au contraire, tous se trouvent dans la palette des gris. Et c'est bien ça le génie de cette série. Les blagues qui tombent a l'eau, les moments de silence quand quelqu'un dit quelque chose de déplacé, la timidité qui met mal a l'aise, la gêne, les paroles inapropriées sont l'essence même de cette perle télévisuelle. Tout se joue dans le malaise et non pas dans la comédie directe.
Elle n'a vécu que deux saisons, plus un épisode spécial Noel, dans lequel l'équipe de journalistes revient voir quelques années après que sont devenus David, Gareth, Tim et les autres. Et ça fait peur.
Je vous offre un petit florilège des dialogues en anglais:
"Well, there's good news and bad news. The bad news is that Neil will be taking over both branches, and some of you will lose your jobs. Those of you who are kept on will have to relocate to Swindon, if you wanna stay. I know, gutting. On a more positive note, the good news is, I've been promoted, so... every cloud. You're still thinking about the bad news aren't you? " David
“I could catch a monkey. If I was starving I could. I’d make poison darts out of the poison of the deadly frogs. One milligram of that poison can kill a monkey. Or a man. Prick yourself and you’d be dead within a day. Or longer. Different frogs, different times.” Gareth
" That's one reason why gays shouldn't be allowed into the army. Because if we're in battle, is he going to be looking at the enemy, or is he going to be looking at me and going "Ooh. He looks tasty in his uniform". And I'm not homophobic, all right? Come round, look at my CDs. You'll see Queen, George Michael, Pet Shop Boys. They're all bummers." Gareth
" If you want the rainbow, you've gotta put up with the rain - do you know which philosopher said that? Dolly Parton. And people say she's just a big pair of tits." David
Simon: You know Bruce Lee's not really dead, don't you? Yeah, it's in a book. What he did was he faked his own death so that he could work undercover for the Hong Kong police, inflitrating drugs gangs and the Triads.
Gareth: Yeah, I reckon that's true.
Tim: Yeah, I reckon that's true. Because if you were gonna send someone undercover to investigate the Triads, you'd probably want the world's most famous Chinese film star.
"You just have to accept that some days you are the pigeon, and some days you are the statue". David
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Malgré sa mort sur la BBC, "The Office" va pourtant renaitre de ses cendres, mais pas dans son nid d'origine. Outre Atlantique, un autre homme brillant, Greg Daniels, sous la houlette de Ricky Gervais, va reprendre le flambeau a la sauce hamburger. Risqué, oui, sans aucun doute. Mais là encore, la magie opère tellement l'interet principal du support est riche, les personnages. Car c'est bien de celà qu'il s'agit, oubliez les Lost, les 24, les Desperate Housewives, il ne s'agit pas de ça, mais des personalités qui hantent le bureau, bien plus que le bureau lui même.
Alors bien sur, on a un peu dilué le cynisme anglais, mais en contrepartie, on en sait un peu plus sur chacun des employés. On a remplacé Ricky Gervais par cet incroyable acteur, le génialissime Steve Carrell, car quoi qu'on en dise, cet homme, est un comédien dans l'ame, et il est sacrément doué. Oubliez ce qu'il a fait dans "40 ans toujours puceau", "Bruce tout puissant" ou même dans le très bon film "Little Miss Sunshine", cela n'a rien a voir. Il interprète "Michael Scott" avec une justesse comique a couper le souffle. Cet homme porte en lui la comédie comme certains portent le drame. Bref, vous ne serez pas déçu du voyage. Et pourtant c'était pas gagné.
On y retrouve aussi les personnages que j'ai cité plus haut et plus encore. Gareth est devenu Dwight (interprété par le talentueux Rainn Wilson, vu dans l'excellent "Six feet under"), un fan absolu de Battlestar Gallactica et du Seigneur des Anneaux, gérant d'un bed and breakfast dans la ferme betteravière familiale les week ends, qui est plus que dévoué à Michael comme un soldat a son armée. Tim est devenu Jim, un trentenaire, plutot mignon et plus facetieux que l'original, mais qui comme son homologue anglais est amoureux de celle qui est déjà prise. Et donc Dawn est devenue Pam, une "gentille fille" en chandail rose pale, qui ose détacher ses cheveux derrière un serre tête les jours où elle "se lâche". Elle se révèle beaucoup plus joviale que Dawn derrière son coté transparent et c'est un vrai régal de la voir elle et Jim tisser des liens, au travers de leurs blagues contre Dwight, bien plus romantiques qu'amicaux, mais qu'ils préfèrent tous les deux taire.
La première saison (comprennant 6 épisodes) de la version américaine est calquée sur l'anglaise. Par la suite, Greg Daniels prit un tournant pour se démarquer et ne pas servir a ses personnages le même sort que celui réservé à ceux de la BBC.
Il a bien fait, ils en sont a leur 4ème saison. Et j'espère que ça va continuer encore.
Voici quelques citations tirées de la version américaine.
Dwight Schrute: I have been Michael's number two guy for about five years, and we make a great team. We're like one of those classic famous teams. He's like Mozart and I'm like Mozart's friend. No, I'm like Butch Cassidy and Michael is like Mozart. You try and hurt Mozart, you're gonna get a bullet in your head, courtesy of Butch Cassidy.
Jim Halpert: The Albany branch is working right through lunch, to prevent downsizing. But, Michael, he decided to extend our lunch by an hour, so that we could all go down to the dojo and watch him fight Dwight.
Michael Scott: Would I rather be feared or loved? Um... Easy, both. I want people to be afraid of how much they love me.
Creed: I'm not offended by homosexuality. In the 60's, I made love to many, many women. Often outdoors... in the mud and the rain. And it's possible a man slipped in. There would be no way of knowing.
Dwight Schrute: Yes, I have decided to shun Andy Bernard for the next three years... which I'm looking forward to. It's an Amish technique; it's like slapping someone with silence. Dwight Schrute: I was shunned from the age of 4 until my 6th birthday, for not saving the excess oil from a can of tuna.
1 commentaire:
Hello sista! belle chronique! j'ai eu l'occasion de zapper sur cette excellente série sur c+ et Steve carrel est parfait comme d'habitude... Je regrette juste de n'avoir pas connu plus tot!
a+
MDB
www.mistressdoombazar.blogspot.com
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